jeudi 3 octobre 2019

A la recherche des ancêtres du XVIe siècle et des objets oubliés de mes aïeux

Descritione della Terra, et Castello di Dieppa [...] - Giovanni-Battista Cavalieri - 1589 - Estampe - Dieppe au XVIe siècle - BNF
Chers lecteurs, j'espère de tout coeur que votre rentrée n'a pas été trop éreintante. Je me suis pour ma part recentré sur une licence d'histoire, abandonnant par la même occasion la bilingue, et ce choix me satisfait pour le moment. L'automne s'annonce timidement, et l'alternance entre un fort soleil et de fraîches bourrasques a suffi pour que je commence à tousser, les joies hivernales avant l'heure en somme. Et c'est là un excellent prétexte pour rester dedans, assis au chaud sur quelques coussins, des gâteaux à portée de main, et consacrer ainsi du temps aux recherches généalogiques qui, depuis deux semaines, m'ont amené aux portes d'une époque charnière et périlleuse en généalogie, le XVIe siècle... Avant de nous embarquer vers ces temps lointains, j'en profite pour mentionner que je suis en passe de trouver, pour une fois, de nouveaux renseignements sur les ancêtres de ma grand-mère maternelle, restés jusqu'à présent opaques, mystérieux si ce n'est toujours inconnus puisque le Gers est à la traîne pour numériser ses archives. Avec un peu de chance, un article y sera consacré à l'horizon des vacances de la Toussaint. Je souhaite également vous relater les démarches entreprises non sans acharnement tout au long d'été pour mettre la main sur les plaques funéraires de deux de mes ancêtres reposant en Touraine, des témoignages émouvants et précieux sauvés de l'oubli notamment grâce à la gentillesse de la police municipale et des bénévoles effectuant les relevés des cimetières. Mais revenons-en d'abord aux dernières enquêtes que j'ai menées dans des sources fort anciennes afin d'éclaircir au mieux les mystères qui planaient sur mes ancêtres du XVIe siècle. Si les registres paroissiaux permettent en règle générale de remonter, avec une relative aisance - quoique des difficultés surviennent parfois - jusqu'aux débuts du règne de Louis XIV, la tâche s'avère bien plus ardue en ce qui concerne les générations qui vécurent avant. Quelques registres anciens, à l'instar de ceux d'Amboise et de Saint-Germain-en-Laye, m'ont permis de connaître jusqu'aux dix-sept et dix-huitième générations de mes ancêtres, ce qui n'est déjà pas négligeable en soi. Entendons-nous sur le sens du verbe connaître ; il ne s'agit que de la lecture d'un nom, d'un prénom, d'un parrain, d'une marraine et d'une filiation plus ou moins incomplète. A mesure que l'on s'enfonce dans le XVIe siècle les registres se font rares : bienheureux fus-je d'en trouver quelquefois datés de l'an 1533, par conséquent antérieurs à l'Ordonnance de Villers-Cotterêts. J'en viens par cette occasion à une double interrogation : est-il possible de pallier l'absence des registres les plus élémentaires, de repousser les limites du temps et de l'Histoire, tout en saisissant les infimes traces laissées par ceux qui vécurent il y a cinq siècles ? 

Édit du Roi - 1568 - Imprimerie Estienne - BNF
 Martin Le Bon

Parmi les ancêtres de mon arrière grand-mère paternelle Gabrielle Jeanne Pétronille Le Danois figure, à la seizième génération, un dénommé Martin Le Bon. Est-ce l'intuition qui m'a poussé à approfondir pour cet ancêtre mes recherches, ou le bon présage - quel jeu de mot - induit par son nom de famille ? Un mélange des deux, peut-être. De Martin Le Bon je savais qu'il vécut près de la Côte d'Opale, entre Abbeville et Boulogne-sur-Mer, qu'il fut licencié ès loi et vraisemblablement propriétaire, un temps du moins, du domaine de la Vacquerie. D'aucuns lui donnent pour parents Philippe Le Bon, garde-scel de Montreuil-sur-Mer, et Jossine de Pierremont, aussi nommée Josette, sans pour autant le situer d'un point de vue temporel. Autrement dit, certains le font le naître en 1505, d'autres en 1530. Comment peut-on établir une filiation, de surcroît au XVIe siècle, avec un tel écart d'années, équivalent à plus d'une génération ? Puisque cela m'intriguait, et m'agaçait d'ailleurs, je me suis mis en tête d'en apprendre davantage sur Martin Le Bon, et ce, précisons-le tout de même, sans registres paroissiaux et sans accès aux archives départementales qui sont bien trop éloignées pour que je puisse m'y rendre compte tenu de mes horaires universitaires. Qu'à cela ne tienne, j'avais la conviction qu'il ne m'était pas impossible de retrouver des indices laissés par mon ancêtre. Grâce aux ouvrages numérisés dans les différentes bibliothèques consultables en ligne, j'ai fini par découvrir, au registre II.1128 de la très ancienne Abbaye Saint-Vaast d'Arras, quelques lignes mentionnant mon ancêtre, dont voici l'essentiel : "1561-1562. Remboursement d'avances pour travaux à Me Martin Le Bon, licencié ès-lois, maïeur de Montreuil [...]" Ainsi apparaît un premier éclaircissement quant à la profession de Martin Le Bon, qui fut mayeur de Montreuil-sur-Mer, c'est à dire premier magistrat municipal selon la définition donnée par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. Déjà présente et fortifiée au IXe siècle, protégée par un château royal construit sur ordre de Philippe Auguste, Montreuil-sur-Mer avait été détruite vingt-cinq ans plus tôt, en juin 1537, par les troupes de Charles Quint et d'Henri VIII, ses habitants ayant refusé de se rendre. Cette ville, extrêmement mal située à l'époque, au coeur des conflits opposant la France, l'Angleterre et le Saint-Empire, était à peine entrain de se relever lorsque mon ancêtre en fut le maïeur. Cependant, les registres de l'Abbaye Saint-Vaast tendent à indiquer que Martin Le Bon bénéficiait d'une certaine prospérité économique, du moins suffisante pour qu'il avance aux religieux une partie des frais de réparation de l'édifice. Par ailleurs, et cela tient davantage à mon interprétation personnelle, Martin Le Bon ne semble déjà plus tout jeune au début des années 1560 ; je peine à croire qu'il serait né en 1530 comme certains l'affirment. Dès lors, comment déterminer son âge ? Point de recensements en ces temps-là. Ni même de registres. La tâche aurait pu s'avérer extrêmement compliquée si la chance ne m'avait pas souri une seconde fois.  S'il n'est peut-être pas tout à fait faux que le XIXe siècle avait tendance à interpréter le passé - mais le XXIe siècle ne ferait-il d'ailleurs pas de même, sous le prisme d'autres idéologies -, il faut lui reconnaître le mérite d'avoir retranscrit et sauvegardé un nombre considérable de documents, par l'intermédiaire de sociétés comme celle des antiquaires de la Morinie. J'ai ainsi eu la joie de retrouver mon ancêtre dans un acte concernant le fief de l'Avouerie de Thérouanne, près d'Aire-sur-la-Lys, au coeur du comté d'Artois. En date de l'an 1569, ce document infirme en premier lieu une information reprise par de nombreuses personnes sans que ne soit d'ailleurs fournie de véritable preuve et selon laquelle Martin Le Bon serait mort en 1568... Bel et bien vivant en 1569, Martin Le Bon est mentionné dès les premières lignes de l'acte qui suit dont voici une retranscription à l'identique : "Comparurent en leurs personnes vénérables et discretz sieurs maistres Guillaume Saultyn presbtre chanoyne et archediacre de Boullongne, jadis de Thérouanne éagé de cincquante quatre ans et Philippes Foeullet, natif dudict Thérouanne aussy presbtre chanoyne dudict Boullogne éagé de soixante et six ans ; honorable homme Me Martin Lebon, licencié es-loix natif de cette ville de Monstroeul, conseiller au siège royal dudict lieu éagé de cinquante deulx ans [...]" De telles indications, qui font suite à une déclaration directe et publique, une sorte de témoignage même, de mon ancêtre, sont, et d'autant plus il y a quatre-cent-cinquante ans, extrêmement précieuses. Si la graphie de l'ancien français de cette province là vous déroute, cet acte nous apprend qu'en l'an 1569 Martin Le Bon a déclaré être âgé de cinquante-deux ans, qu'il est donc né à Montreuil-sur-Mer en 1517 et qu'il occupe alors la fonction de conseiller au siège royal. Mon ancêtre Martin Le Bon est ainsi né il y a cinq-cent-deux ans, au tout début du règne de François Ier et au moment où Luther rédigeait ses 95 thèses. Montreuil-sur-Mer, distante d'une dizaine de kilomètres de la Manche à laquelle elle était reliée par une rivière navigable, la Canche, appartenait à la Picardie. C'est dans une ville en déclin, ravagée par une catastrophe naturelle en 1467 - certains évoquent un tremblement de terre - et où le commerce avait été interrompu suite à l'ensablement de la Canche que Martin Le Bon vécut tout jeune. Âgé d'à peine vingt ans en 1537, il eut peut-être le malheur d'assister à la destruction de sa ville natale par les armées de Charles Quint. Je ne regrette pas d'avoir lu en entier l'acte cité plus haut car quelques lignes plus tard Martin Le Bon fut une nouvelle fois mentionné : "Lesquelz comparans et chascun deulx tous demourans pour le jourdhuy en ceste dicte ville de Monstroeul, nous ont dict, attesté et affermé pour vérité lesdicts Srs Saultin et Foeullet in verbo sacerdotis et iceulx Le Bon, de Fromantel et Le Votz par leur foy et serment quilz ont fait longtemps faict continuelle résidence en ladicte ville de Théroenne acsavoir ledict Mr Martin Le Bon, depuis l'an mil cincq cens quarante jusques en l'an quarante six tousjours en estat de bailly dudict lieu pour feu monseigneur le révérendissime François de Créquy lors évesque dudict Théroenne [...]" Avant d'être conseiller au siège royal et maïeur de Montreuil-sur-Mer, et sûrement juste après avoir terminé ses études en 1540, Martin Le Bon fut, à vingt-trois ans à peine, chargé par l'évêque François de Créquy de représenter l'autorité du diocèse. Notons toutefois que selon ce que j'ai pu observer lors de mes recherches, il était peu courant qu'en ces temps-là un jeune homme accède à de tels postes. Le livre d'or de Montreuil-sur-Mer indique que Martin Le Bon fut au moins quatre fois maïeur de la ville de 1552 à 1558, et qu'il était déjà propriétaire du domaine de la Vacquerie et apparemment anobli à l'âge de trente-cinq ans. Son père présumé, Philippe Le Bon, est cité à la sept-cent-vingt-troisième page du troisième tome des Actes de François Ier à propos d'un mandement adressé à la Chambre des comptes suite à un conflit dans lequel il se trouva impliqué, contre un certain Pierre Faure, commis au paiement des réparations et fortifications des villes et places fortes de Picardie. Il fut par ailleurs selon certaines sources garde-scel de Montreuil. Une erreur s'est de nouveau répétée, cette fois quant à la profession de garde-scel. Il ne s'agit pas du garde du "sel" mais plutôt d'un officier qui aurait été chargé d'apposer le scel royal aux jugements et aux autres actes officiels. Le métier de garde-scel disparut en 1696 par édit de Louis XIV.

Vera imago veteris Ecclesiae Apostolicae - Intérieur d'une église protestante - 1580 - BNF
Histoire de la famille Lamiable

En l'an 1642, Catherine Lamiable, fille de Charles Lamiable et de Marie Couvreur, épousa Pierre Le Prince. Deux ans plus tard naquit leur fils Charles, mon ancêtre, qui vécut jusqu'en 1726 à Sangatte, près des remarquables Deux Caps de la Côte d'Opale. Rien ne portait à croire que cette famille m'emmènerait avec une étonnante facilité au XVIe siècle, et ma surprise fut grande lorsque je découvris ses différents membres mentionnés dans des livres avec moult détails, pour certains jusqu'à la couleur rouge de leur casaque sans oublier les boutons d'orfèvrerie de leur habit fait de drap gris. Tout partit d'un parchemin calligraphié, en anglais, où furent écrites en 1676 les dernières volontés de Jean Lamiable, protestant réfugié auprès de l'archevêque de la très ancienne ville de Canterbury au sud-est de l'Angleterre, qui légua ses biens à ses cousines Judith et Marie de La Croix. Traduit en latin et en français, ce testament est entièrement retranscrit dans des ouvrages de généalogie protestante dont le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français. S'il est intéressant de le lire en entier, rien ne nous est a priori rapporté sur mon ancêtre Catherine Lamiable et sur son père Charles. Un heureux hasard a cependant fait que les rédacteurs de ces revues historiques se sont penchés sur l'histoire de la famille Lamiable, depuis le Jean Lamiable précédemment mentionné, protestant, jusqu'aux branches restées catholiques et aux Lamiable dont sont issus mes ancêtres. Et tels furent les premiers mots, semblables à ceux d'un conte de fées version généalogique ou d'un récit ancestral, qui suivirent : "La famille Lamiable ou Lamyable est une vieille maison du Boulonnais. La branche à laquelle appartenait le testateur était fixée à Montreuil. En voici la filiation [...]" Nous revoilà à Montreuil-sur-Mer, dont était aussi originaire, souvenez-vous, Martin Le Bon. La coïncidence géographique est plutôt remarquable d'autant que ce sont deux ancêtres distincts de mon arrière-grand-mère qui descendent des familles Lamiable et Le Bon. La seule évocation d'une ancienne famille suffisant à éveiller la curiosité, je trépignais d'impatience à l'idée de lire les pages suivantes. N'ayant pas pour rôle de recopier ce qui est écrit dans ces pages, je ne compte pas citer un par un les nombreux renseignements concernant chacun des membres de cette famille, à l'exception de quelques anecdotes qui valent selon moi la peine que l'on s'y attarde, pour laisser à ceux qui le souhaitent le plaisir de la recherche. Ainsi découvre-t-on d'originales professions, à l'instar de celle de receveur des traites foraines qu'exerçait Robert Lamiable en l'an 1576, l'existence, rue de la Chaîne, d'une maison familiale qui faisait office de passage menant à un mystérieux endroit appelé Petit-Cocquempot, ou le parcours de Jean Lamiable, maréchal des logis et capitaine de cavalerie au temps de Louis XIII, qui partit combattre pour le Roi à La Rochelle. Ressort également de l'histoire des Lamiable un terrible conflit découlant de dissensions religieuses : Jean Lamiable, dont nous avons brièvement évoqué le testament, déshérita sa propre soeur Suzanne sous l'unique prétexte qu'elle était catholique et lui protestant. Ce sont aussi des cousinages ou des liens d'amitié qui s'esquissent, jusqu'aux manufacturiers en soie de Londres. Et même une légende familiale selon laquelle Louis XIV en personne aurait anobli les Lamiable et leurs descendants, leur donnant pour armes "d'or au lion de gueules désarmé, au chef échiqueté d'or et d'azur de trois traits". Une "haute fantaisie" selon certains "historiens". Est par la suite mentionné l'aïeul le plus lointain, Willaume Lamiable, qui vécut vers l'an 1477 ; le sont aussi les nommés Jehennet et Raoul Lamiable, l'épouse de ce dernier, qui avait pour nom Bonne de La Ronville, Adrien Lamiable, sa femme Octavie du Blaisel et leur fille Octavie Lamiable, qui vécut jusqu'en novembre 1669 et dont la pierre tombale existait encore au début du XXe siècle. Les historiens en conclurent que ces branches là de la famille Lamiable étaient certainement catholiques. Nous arrivons désormais au passage concernant la branche à laquelle appartenait mon ancêtre Charles Lamiable, et dont je vais vous citer l'essentiel : "[...] En 1510-1511 sont citées Katherine Tristan, veuve de Mathieu Lamiable, et sa fille Antoinette ; en 1584 Thomas Lamiable et sa soeur Marguerite, femme de François de Condette, enfants de feue Jacqueline Bonvarlet ; en 1585 Quentin Lamiable et Luc Taintelier, héritiers d'Antoinette Lamiable (qui vivait en 1530) ; en 1630 les héritiers de Pierre Lamiable ; en 1605 Charles et Wallerand Lamiable, fils de feu Quentin et de Jehanne d'Hautefeuille, celle ci fille de Jean d'Hautefeuille et d'Adrienne Morant. Le dit Charles encore en 1601 et 1606. [...] Charles Lamiable, Sieur du Filliers [...] Marie Couvreur [...]"

Ancêtres de Charles Lamiable - Recherches personnelles
En résumé, Charles Lamiable est né du mariage de Quentin Lamiable et de Jehanne, née d'Hautefeuille, appartenant à une famille qui apparaîtrait à cinq reprises parmi les ancêtres de mon arrière grand-mère. Ses grands-parents paternels se nommaient Pierre Lamiable et Jacqueline Bonvarlet - cette dernière aurait peut-être vécu jusqu'en l'an 1584 -. Il était le petit-neveu d'Antoinette Lamiable, ainsi que l'arrière petit-fils de Mathieu Lamiable et de Katherine Tristan, veuve en l'an 1511, et tous les deux a fortiori nés à la fin du Moyen-Âge. Quant à ses grands-parents maternels, Jean d'Hautefeuille, dont j'ai appris par la suite qu'il fut enquêteur de la Sénéchaussée du Boulonnais, une profession fort intéressante dont je pense vous parler un jour, et Adrienne Morant, d'autres archives m'ont permis d'en savoir davantage. Adrienne Morant, épouse d'Hautefeuille, est de nombreuses fois citée dans des ouvrages consacrés à l'histoire protestante, plus que son propre mari d'ailleurs. On la retrouve également mentionnée, si je ne m'abuse, au milieu d'une sorte d'inventaire se référant à des lettres de l'intendant de Provence et de l'échevin de Marseille. Je relève ce détail car à mon grand étonnement j'ai récemment découvert, dans cette même partie de mes ancêtres, une aïeule née à Marseille. Autre fait moins hypothétique et plus intéressant, Adrienne Morant était visiblement protestante pratiquante alors que l'ouvrage duquel est issue l'histoire des Lamiable tendrait plutôt à présenter cette branche des Lamiable comme catholique. Le mystère perdure pour le moment. Avant de raconter une découverte inédite que j'ai pu faire cette été, je souhaite vous retranscrire ces quelques lignes d'un ouvrage de généalogie régionale qui m'a permis de reconstituer quelque peu - en le complétant par d'autres sources - l'ascendance de la famille d'Hautefeuille au XVIe siècle : "HAUTEFEUILLE. En Boulonnais. Jeanne d'Hautefeuille, veuve de Jean Becquet, paraît dans les reliefs de Doudeauville en 1460. Huchon et Jean tiennent de l'abbaye de Saint-Wulmer des terres à Wissant en 1550 ; ils étaient de Marquise et présentèrent leurs fiefs en Boulonnais en 1572, ainsi que Jean d'Hautefeuille, le jeune, marguillier de l'église de Samer. Jean, marchand à Marquise en 1569, fils de Mariette de Dourlens. Antoinette, veuve de Gilles d'Auvergne, dans un acte du dernier mai 1557 [...] Me Jean, enquêteur en la sénéchaussée du Boulonnais, père de Me Jean, propriétaire à Maninghen-lès-Wimille en 1575 - Jean, nouveau bourgeois de Boulogne en 1570 [...]" Charles Lamiable était bien du coup, après vérification dans d'autres ouvrages, l'arrière-petit-fils de Jehan d'Hautefeuille et de Mariette de Dourlens, qui vécurent au début du XVIe siècle. Il est ainsi possible de remonter jusqu'aux ans lointains de cette époque charnière que fut le XVIe siècle, entre Renaissance et Guerres de Religion. Je ne vous ai pas raconté l'histoire d'une autre famille dont descend mon arrière-grand-mère paternelle et dont l'histoire m'a littéralement fait passer de l'époque moderne aux temps médiévaux. Ce sera sûrement le sujet d'un article prochain, mais je tiens en attendant à vous faire part d'une autre découverte, relevant elle aussi de la chance. Précisons tout de même que j'ai effectué les précédentes recherches sans le moindre accès aux archives départementales du département concerné, et avec peu de registres paroissiaux. J'espère ainsi avoir montré que d'autres sources peuvent combler le vide très important qui est à coup sûr l'un des principaux obstacles des généalogies au XVIe siècle. 

Plaques funéraires de Paterne Louis Lehoux et de Paul Jamain - 1907, 1891 - Cimetière de Neuillé-Pont-Pierre et archives familiales
Mes abonnés sur Twitter ont pu suivre en ma compagnie une enquête singulière menée cet été, ayant pour principal objectif de préserver les plaques funéraires de mes ancêtres paternels Paterne Louis Lehoux et Paul Jamain, respectivement grand-père et arrière-grand-père de mon arrière-grand-père Robert Lehoux. Ces derniers reposaient tous deux dans le cimetière du paisible village de Neuillé-Pont-Pierre, en Touraine, près de Tours, le premier depuis 1907 et le second depuis 1891. Grâce aux relevés photographiques et nominatifs des cimetières effectués par des bénévoles dans le cadre d'un judicieux et merveilleux projet de sauvegarde et d'indexation lancé par Geneanet, j'ai découvert qu'une plaque funéraire de mon ancêtre Paterne Lehoux était restée posée par terre, derrière la croix d'une tombe qui était celle d'une autre famille. Et, plus étonnant, elle était intacte, et ce apparemment depuis cent-douze ans. Craignant que cet émouvant et précieux témoignage qui survécut aux vents et aux décennies ne finisse jeté ou simplement cassé, j'ai contacté la commune en question ainsi que la personne ayant effectué le relevé. Avec l'accord des autres descendants d'Arsène Lehoux - fils de Paterne Louis Lehoux et petit-fils de Paul Jamain -, et grâce à l'aide de différentes personnes, j'ai pu récupérer ces deux plaques funéraires que je m'efforcerai désormais de protéger. Je tiens à sincèrement et très chaleureusement remercier Madame D., la bénévole qui a réalisé ce magnifique relevé sans lequel je n'aurais rien découvert, la police municipale de Neuillé-Pont-Pierre et plus particulièrement Monsieur A. L., pour leur aide précieuse et sympathique, pour le soin et l'intérêt qu'ils ont porté à ma requête. Merci de tout coeur !

Je vous propose en guise de conclusion quelques liens menant à certaines archives et aux ouvrages dont je me suis en partie servi pour reconstituer au XVIe siècle, en premier lieu, le parcours de Martin Le Bon, puis l'histoire de la famille Lamiable. Certains peuvent être utiles pour les généalogies huguenotes, et bien que descendant de familles nettement plus catholiques que protestantes, j'y ai trouvé des renseignements particulièrement intéressants. A bientôt !



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